Les troubles digestifs peuvent être divers et variés. Ils peuvent concerner un dysfonctionnement de l'appareil digestif haut suite à un repas trop lourd ou trop arrosé, des nausées ou encore des douleurs abdominales. Voici comment reconnaître ces troubles et comment les traiter.

Les troubles dyspeptiques

Le terme de "dyspepsie" regroupe les troubles fonctionnels de l'apparei1 digestif haut : digestion lente et difficile, impression de trop-plein dans l'estomac, nausées, parfois vomissements, éructations, impression de langue pâteuse.

Ces troubles font la plupart du temps suite à un repas trop lourd ou trop arrosé. En cas de dyspepsie fonctionnelle, les symptômes durent depuis au moins 4 semaines.

Quand consulter ?

Si les symptômes classiques et ponctuels ne font suite à un repas trop copieux, une consultation peut être nécessaire, en particulier :

- si les symptômes évoluent de façon chronique, une cause organique devant être éliminée ;

- s'ils s'accompagnent de fièvre ou de douleurs abdominales importantes ;

- si les troubles ne sont pas soulagés par le traitement.

Conseils hygiéno-diététiques

Il est préférable de supprimer les aliments difficiles à digérer et les boissons alcoolisées pour permettre de revenir plus rapidement à la normale.

Il faut mâcher lentement et fragmenter les repas, surtout si la vidange gastrique est ralentie.

Il est important de limiter les graisses pendant quelques jours.

Traitements médicamenteux

On peut distinguer trois familles : les cholérétiques/cholagogues, les hépatoprotecteurs lipotropes et les médicaments à base de sorbitol. Certaines spécialités associent entre elles ces familles.

Les médicaments cholérétiques/cholagogues

Les médicaments cholérétiques stimulent la production de la bile par le foie. Les cholagogues facilitent l'évacuation de la bile de la vésicule et des voies biliaires extrahépatiques vers l'intestin.

La boldine et l'arginine sont cholagogues et cholérétiques. Le sulfate de sodium est utilisé pour ses propriétés cholagogues.

Attention! Plusieurs médicaments dyspeptiques se présentent sous forme effervescente et contiennent une quantité non négligeable de sodium. Ils doivent être évités chez les personnes devant respecter un régime pauvre en sel.

Les médicaments hépatoprotecteurs lipotropes

Le citrate de bétaïne et la choline citrate, hépatoprotecteurs lipotropes, agissent sur la motricité gastrique et préviennent l’infiltration graisseuse du foie en favorisant le transport des graisses.

Le Sorbitol

Laxatif osmotique, il est aussi indiqué dans les troubles dyspeptiques pour ses propriétés cholagogues : il stimule la sécrétion par la paroi du duodénum d'une hormone peptidique (la cholécystokinine pancréozymine) qui active la sécrétion d'enzymes pancréatiques et favorise la contraction de la vésicule biliaire au début de la digestion. Le sorbitol est présent seul dans Sorbitol Delalande et associé dans Hépargitol,  Hépagrume.

Les nausées

La métopimazine (Vogalib) et le diménhydrinate (Nausicalm) sont les deux médicaments disponibles sans ordonnance.

Posologie

Vogalib se présente sous forme de lyophilisat à déposer sur la langue ou à dissoudre dans un verre d'eau au moment des nausées et à renouveler si besoin dans la journée sans dépasser 4 prises chez l'adulte et deux prises chez l'enfant de plus de 6 ans.

Nausicalm se présente sous forme de gélule à 50 mg pour l'adulte et l'enfant à partir de 15 ans (1 à 2 gélules toutes les 6 à 8 h, 8 gélules au maximum/ 24 h) et sous forme de sirop pour l'enfant âgé de 6 à 15 ans (1 à 2 cuillères à café toutes les 6 à 8 h, 10 cuillères/ 24 h au maximum).

Précautions d'empIoi

La métopimazine (phénothiazine) et le diménhydrinate (antihistaminique H1) ne doivent pas être administrés en cas de risque de glaucome à angle fermé et en cas de risque de rétention urinaire liée à des troubles urétroprostatiques.

Du fait de son activité antidopaminergique, la métopimazine ne doit pas être associée avec un agoniste dopaminergique.

Le diménhydrinate est responsable de sédation ou de somnolence, plus marquée en début de traitement.

Ces deux antiémétiques ne sont pas les médicaments de premier choix chez la femme enceinte.

Les douleurs abdominales

Un antispasmodique rnusculotrope peut être proposé :

- phloroglucinol (Spasmocalm, SpasfonLyoc): 2 comprimés de 80 mg 3 fois par jour chez 1'adulte et 1 comprimé 2 fois par jour chez l'enfant

- trimébutine : 1 comprimé de 100 mg 3 fois par jour chez l'adulte).

Certaines formules contre la dyspepsie intègrent un antispasmodique : alvérine ( Hepatoum...).

Une consultation s'impose si les douleurs abdominales sont trop importantes.

Plantes médicinales cholagogues et/ou cholérétiques

Plantes cholagogues et cholérétiques : boldo (feuille), curcuma (racine), menthe poivrée (feuille, sommité fleurie), pissenlit (feuille, racine), radis noir (racine), romarin (feuille, sommité fleurie).

Plantes cholérétiques : artichaut (feuille), chicorée (racine), fumeterre (parties aériennes fleuries), tilleul (aubier).

Plantes cholagogues : chardon-Marie (fruit), olivier (feuille).